Je marche dans un long corridor.
Ce couloir, je le connais par coeur.
Je contemple les murs jaunis, tachés d’empreintes de doigts et d’autres substances non-identifiées.
Je passe devant des reproductions de tableaux, parfois déchirées puis rapiécées à l’aide de papier collant, relent d’une crise, de la frustration d’un inconnu.
Je regarde l’avertisseur d’incendie que j’ai moi-même déjà tiré dans le passé.
Je marche sur les motifs du plancher. Des carrés plus foncés que les autres. Ces carrés, il m’a pris 81 jours pour pouvoir les traverser sans ressentir d’anxiété. Pourtant, ce soir, je les traverse sereinement.
Je ne fais que marche et observer. Observer ce qui se passe dans ce couloir dont je suis prisonnière depuis trop longtemps déjà.
Je croise d’autres gens qui marchent d’un pas lent, la tête baissée, le dos courbé en se traînant les pieds.
J’entends des gens se chicaner pour avoir accès au téléphone, ultime contact avec l’extérieur, avec la “vraie” vie.
J’entends le son de deux télévisions, synthonisées sur deux postes différents. Ces télévisions, passe-temps bienvenue pour bien des gens ici.
J’entends aussi des téléphones qui sonnent sans arrêt et des noms, criés dans un intercom.
J’entends une personne âgée hurler, une femme pleurer.
Pourtant, comparativement à certains soirs, le corridor est relativement calme ce soir.
À mesure que je traverse le couloir, des bouffées d’odeurs parviennent à mes narines: sueur, parfum bon marché, urine, produits nettoyants et j’en passe.
Enfin, j’arrive au bout du couloir. Une porte. Je la pousse: Rien. Sur celle-ci, une serrure et un voyant lumineux rouge: la porte est barrée. Je ne peux que rebrousser chemin et reprendre ma marche dans l’autre sens.
Ce corridor, des centaines de personnes le traversent, comme moi, chaque année.
C’est le corridor de l’hôpital.
Eh oui je suis encore là-bas, en attente d’une place en appartement supervisé, mais heureusement avec des droits de sortie en attendant.
Malgré tout, il est étouffant ce couloir, j’ai hâte qu’il ne soit qu’un souvenir.
ièrement, il y a la veste lourde. Il s’agit d’une veste très ajustée (je la serre au maximum à l’aide des velcros de chaque côté) et assez lourde. En effet, il y a des poids à l’intérieur de la veste. Pour vous donner une idée, ma veste pèse 10 livres. Je la porte pour un maximum de 20 minutes de temps et pas plus souvent qu’aux deux heures. Cet outil est celui que j’utilise le plus souvent. Je m’en sers quelque fois par semaine pour m’aide à me calmer. Une autre façon de replacer le système proprioceptif est de s’enrouler à l’intérieur d’une couverture. Ça demande un peu de pratique pour s’enrouler soi même, mais ça aide beaucoup. Idéalement il faut que la couverture soit légèrement élastique pour qu’elle s’ajuste bien sur le corps. Sinon il y a d’autre trucs qui peuvent aider, comme porter des bas-collants ou un chandail moulant à manches longues. Pourquoi à manches longues? Parce que sinon les bras gardent cette impression d’être trop grand. Au fond, avec le temps, je découvre peu à peu des moyens de me sentir mieux et ça marche!